Parabole du bon Samaritain

Publié le par Louis-Marie

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            La parabole du bon Samaritain, que seul l’évangéliste Luc nous rapporte, est archiconnue, tellement que nous pouvons croire en avoir tiré depuis longtemps toute la saveur et toutes les leçons. 
  
            L’histoire rassemble des personnes très diverses : un docteur de la Loi, un prêtre, un lévite, un étranger hérétique et Jésus.    
 
            La question de départ est « Que dois-je faire pour avoir part à la vie éternelle ? » Comme il en a l’habitude, Jésus renvoie souvent la question par une autre question : « Dans la Loi qu’y a-t-il d’écrit ? » Pour un docteur de la Loi, la réponse est facile. La Loi juive avec ses 615 commandements a bien cadré la vie quotidienne, à tel point que le juif savait ce qu’il avait à faire en toutes circonstances.   
 
            Tout s’est compliqué quand le docteur de la loi a poussé la question « Qui est mon prochain ? » et là aussi la réponse semble simple : mes proches ce sont les membres de ma famille, mes amis ! A ce sujet, Jésus a déjà donné une réponse : Si vous aimez ceux qui vous aiment, vous ne faites rien d’extraordinaire : les païens en font autant !
 
            Jésus se met à raconter cette parabole que vous connaissez autant que moi ; Un blessé au bord de la route, à moitié mort, hélas cela arrive assez souvent ! Mais qu’un prêtre et un lévite, deux spécialistes du culte au temple s’écartent de la route pour ne pas voir, ni porter secours à personne en danger, c’est scandaleux ; ils devraient montrer l’exemple, pensons-nous ? Justement ! La Loi donnait des prescriptions très strictes aux membres du clergé : ils devaient respecter scrupuleusement les lois de pureté et éviter tout contact avec les morts ou les blessés couverts de sang. Le prêtre et le lévite n’ont fait qu’obéir à la LOI. Ce n’est donc pas les serviteurs du temple qu’il faut condamner pour non assistance à personne en danger, mais c’est la Loi elle-même qui est désuète. C’est ce que répètera Saint Paul dans la plupart de ses lettres : ce n’est pas l’observance à la Loi qui donne le salut : la preuve : elle laisse mourir l’homme blessé.
 
            Le samaritain en voyage, ému aux entrailles à la vue de l’homme blessé, la tradition chrétienne a toujours compris que c’était Jésus le Messie. Il se fait proche de l’homme blessé au point de partager notre existence humaine, de la naissance à la mort ; Il prend à son compte tous les soins de l’Homme blessé par le péché ; car il s’agit bien de l’humanité que le péché a blessé à mort ! Cela donne une autre compréhension de la parabole qui loin d’être moralisante, pose au contraire le problème du salut de l’humanité. Ce n’est pas l’observance à la Loi qui nous sauve, mais Jésus-Christ qui prend sur lui notre propre mort afin de nous donner sa vie, une vie éternelle ! 

            Le prochain n’est plus le petit cercle d’amis autour de soi, mais il s’agit de se faire le prochain de tout homme en difficulté afin d’agir comme le Christ nous en donne l’exemple. Sauvés par le Christ, nous devons aller au-devant de nos frères dans le besoin pour leur apporter de la part du Christ ce même secours. Rappelons-nous cette autre parabole de Jésus : «  J’ai eu faim et vous m’avez donné à manger. J’ai eu soif et vous m’avez donné à boire, j’étais un étranger et vous m’avez accueilli ».
 
            Mon prochain, il est tout proche : il suffit de lire les journaux, d’ouvrir les informations. Notre monde est désormais un grand village et les grandes détresses humaines nous parviennent quelques fois plus rapidement que la solitude du voisin de palier… 
 
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Publié dans Réflexion

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